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Quatre changements systémiques pour réduire la pauvreté au Canada

Posted on March 16, 2022
By Natasha Pei

Cette ressource est également disponible en anglais. Cliquez ici pour accéder à la page de destination de la version anglaise.

 

Le deuxième rapport annuel du Conseil consultatif national sur la pauvreté canadien, Comprendre les systèmes, est le premier rapport à nous donner un aperçu de la pauvreté depuis la COVID-19.

D’après les engagements communautaires avec la population canadienne et les provinces et territoires l’an dernier, le Conseil a recommandé cinq vastes stratégies pour réduire la pauvreté au Canada.

En voici les piliers :kelly-sikkema-dad

  1. Prospérité des Autochtones
  2. Équité
  3. Dignité
  4. Prévention et intervention précoce
  5. Revenu d’emploi et prestations gouvernementales

Lors d’un récent webinaire, trois membres du Conseil ont partagé des stratégies qui peuvent entraîner les répercussions les plus considérables. Voici les principaux points à retenir évoqués lors de la discussion.

Premier point à retenir : Cibler les systèmes de justice et de protection de l’enfance pour renforcer la prospérité des Autochtones

La première recommandation du Conseil consiste à mettre en œuvre les recommandations existantes de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) et du Rapport sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Les deux rapports réclament des changements systémiques similaires, les personnes autochtones étant surreprésentées dans les systèmes à caractère déficitaire (p. ex. itinérance) et sous-représentées dans les systèmes fondés sur les forces (p. ex. éducation).

La CVR explique les répercussions entraînées par le retrait des enfants pour les envoyer dans des pensionnats pour autochtones ou dans des foyers d’accueil non autochtones, dont le manque de modèles parentaux positifs et la rupture avec leur culture, renforçant un cycle de maltraitance envers les enfants et/ou de négligence à l’égard de leurs futurs enfants.

La CVR commence par recommander des changements au système de protection de l’enfance. Voici certaines de leurs recommandations :

  • Garder unies les familles autochtones
  • Maintenir les enfants dans un environnement adapté à leur culture
  • Donner des moyens aux agences de protection de l’enfance autochtones pour qu’elles fournissent des services culturellement adaptés
  • Instaurer le principe de Jordan dans son intégralité

Cheryl Whiskeyjack, membre du Conseil consultatif national sur la pauvreté, souligne également que la grosse majorité des 94 appels à l’action (appels à l’action 25 à 42) se concentre sur le système de justice, car de nombreux enfants autochtones dépassent l’âge d’accueil du système de protection et ont affaire au système de justice.

D’autres changements systémiques doivent accompagner ceux-ci, comme dans l’éducation et les soins de santé. Cependant, les systèmes de protection de l’enfance et de justice sont deux des domaines qui pourraient avoir les plus grandes répercussions pour les personnes autochtones.

Deuxième point à retenir : Se concentrer sur la qualité, pas seulement sur l’abordabilité

« La pauvreté des enfants c’est d’abord celle de leurs familles… et parce que la pauvreté des enfants c’est malheureusement aussi souvent celles des familles qu’ils porteront. » - Sylvie Veilleux, Conseil consultatif national sur la pauvreté canadien

La membre du Conseil consultatif Sylvie Veilleux indique que son travail avec la première garderie populaire au Québec a révélé à quel point une garde d’enfants de qualité pouvait s’avérer essentielle pour les familles. Le personnel de la garderie a travaillé avec des enfants et des familles d’horizons divers et variés. Il a également travaillé avec des travailleurs et travailleuses sociaux et des soignant·e·s, et a bâti des liens de confiance avec les parents en les orientant vers d’autres ressources.

Aujourd’hui, des années après que le gouvernement a élargi la portée de ce programme pour offrir des services de garderie abordables partout au Québec, Sylvie rapporte que le Québec figure parmi les nations où la présence des femmes sur le marché du travail est la plus élevée et que l’on constate :

  • une augmentation du revenu familial;
  • la sortie de la pauvreté de familles monoparentales; et
  • une augmentation du revenu des femmes au cours de l’ensemble de leur vie professionnelle en raison d’interruptions financières moins fréquentes dans leur carrière.

La recommandation de mettre en œuvre un plan de garderie pour les enfants à 10 $ par jour au niveau national entraînerait probablement des résultats similaires pour les parents partout au Canada. Cependant, nous devrions tirer des leçons de l’expérience du Québec et planifier en conséquence pour garantir que les enfants les plus vulnérables ont accès à ces espaces. De plus, cette stratégie a souligné le besoin de proposer de bons salaires et de bonnes conditions de travail dans ces centres afin de conserver le personnel et de fournir des prestations de qualité.

Troisième point à retenir : La pauvreté est une carte de « isme »

La pauvreté est sexiste, capacitiste et raciste et nous avons besoin de bonnes données pour faire le suivi de la manière dont les populations marginalisées s’en sortent pour prendre des décisions éclairées.

« La pauvreté est l’expérience individuelle de l’inégalité systémique », indique Scott MacAfee, président du Conseil consultatif national sur la pauvreté, « et pas un défaut de caractère ». La pauvreté a été réduite pour de nombreuses personnes qui planaient juste en dessous du seuil de pauvreté, mais nous devons désormais accorder la priorité aux personnes encore plus marginalisées.

Cependant, nous manquons de bonnes données pour prendre des décisions éclairées. Scott indique que les données disponibles montrent que le taux de pauvreté au Canada a considérablement baissé au cours des quatre dernières années et est désormais de 10,1 %. Cependant, le taux de pauvreté actuel est toujours trois fois plus élevé pour les personnes originaires du Moyen-Orient (33 %) et deux fois plus élevé pour les Canadien·ne·s noir·e·s (23 %), les personnes en situation de handicap (19 %) et les personnes autochtones vivant en dehors des réserves (18 %). Il n’y a pas de données sur les Premières Nations qui vivent dans les réserves ou les personnes qui s’identifient comme LGBTQIA2+.

La stratégie canadienne de réduction de la pauvreté et d’autres stratégies qui y sont associées devraient s’engager dans la poursuite d’objectifs spécifiques qui avantageraient les groupes marginalisés. Des données de qualité devraient être collectées sur ces populations pour continuer à assumer la responsabilité et contribuer à la prise de décisions éclairées.

 

Quatrième point à retenir : La pauvreté, l’inégalité et les changements systémiques sont la responsabilité de tout le monde

« Si la pauvreté touche une personne sur dix, la pauvreté n’est pas l’affaire de la seule personne en situation de pauvreté, elle est l’affaire des dix personnes qui doivent déterminer comment y répondre. » – Scott MacAfee, Conseil consultatif national sur la pauvreté canadien

Les recommandations du Conseil consultatif ciblent des mesures que le gouvernement fédéral doit prendre, mais les principes s’appliquent à chaque personne et à chaque institution. Les individus peuvent s’éduquer sur les problèmes pour pouvoir voter au moment des élections ou pour transmettre leurs connaissances.

En tant qu’individu, vous pouvez aussi examiner les nombreux mouvements populaires pour déterminer les leviers auxquels vous pourriez avoir accès et auxquels vous n’aviez pas songé auparavant. Par exemple, les entreprises peuvent se pencher sur les salaires vitaux.

 

En règle générale, nous nous rapprocherons de la fin de la pauvreté si nous…

Faisons preuve de curiosité et d’empathie.

Trouvons un terrain d’entente.

Faisons preuve de bienveillance à l’égard de nos voisin·e·s.

 

Approfondir vos connaissances

Topics:
Natasha Pei, Francais, French Blog EN, Pauvreté


Natasha Pei

By Natasha Pei

Natasha Pei brings online content to life and engages our members in the Vibrant Communities learning centre for poverty reduction. Natasha's involvement with Tamarack began with the Communities First: Impacts of Community Engagement (CFICE) project, where she worked as a Research Assistant in the Poverty Reduction Hub, studying effective ways community-campus engagement can be undertaken to have real benefits for the community.

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