Justice climatique Montréal (JCM) est un mouvement citoyen qui œuvre pour une transition juste menée par les communautés Autochtones, vers l’abandon des énergies fossiles. Le collectif conçoit la justice climatique comme un moyen de relier des luttes trop souvent traitées séparément. Puisque les changements climatiques affectent tous les aspects de notre vie, JCM croit que la mise en commun des mouvements nous permettra de contrer leurs impacts ne laissant personne pour compte.
Pour JCM, la justice climatique exige de rassembler les mouvements sociaux décoloniaux, antiracistes, de justice pour les migrants, d’accessibilité, de logement, de transport gratuit et autres mouvements communautaires afin de s’attaquer aux racines de la crise climatique et aux systèmes qui perpétuent les inégalités. Le travail de JCM rayonne sur l’île de Montréal et, de plus en plus, au-delà. Par le biais de campagnes de mobilisation et de plaidoyer, le collectif travaille avec des mouvements qui partagent des valeurs communes telles que l'accessibilité financière, la mobilité et la justice climatique.
mettre en lien LES ENJEUX et les groupes
À l’heure où le mouvement pour le climat perd de sa visibilité, l’un des rôles les plus importants de Justice climatique Montréal est d’aider les gens à comprendre comment des enjeux sociaux apparemment distincts sont liés. Les campagnes actuelles du collectif portent sur la gratuité, l’accessibilité et l’expansion du transport en commun à Montréal, ainsi que sur la dénonciation des risques liés à l’intelligence artificielle, une fausse solution aux crises climatiques et sociales. Ces campagnes répondent à des préoccupations très immédiates : la hausse du coût de la vie, la dépendance à la voiture, les impacts des changements climatiques, les méfaits des technologies et le besoin de services publics au service des communautés.
Pour Justice climatique Montréal, le transport en commun est bien plus qu’une simple question de transport. Il s’agit de garantir un transport en commun abordable et accessible afin de rompre l’isolement et d’accroître la mobilité. L’une de leurs priorités est de militer pour la gratuité du transport en commun pour les jeunes de moins de 18 ans et de bâtir des coalitions ciblées avec les familles, les organismes jeunesse, les groupes de défense du climat et les partenaires communautaires afin de faire progresser cet objectif. Parallèlement, le collectif est confronté à la question suivante : comment Montréal peut-elle étendre le transport en commun aux quartiers marginalisés sans accélérer la gentrification ni déplacer les communautés qui en bénéficieraient ? Pour explorer cette tension, CJM se joint à un groupe de recherche et de plaidoyer avec d'autres organisations montréalaises afin d'étudier comment la ville peut devenir plus accessible et plus agréable à vivre sans déplacer les communautés concernées.
Ce que la communauté de pratique a apporté
JCM a rejoint la Communauté de pratique pour les transitions climatiques collectives (CPTCC), organisée par l’Institut Tamarack en partenariat avec la Fondation du Grand Montréal, car elle offrait l’occasion de nouer des liens avec d’autres groupes, de partager leurs travaux et d’apprendre des expériences d’autres personnes confrontées à des défis similaires. Cette occasion était particulièrement pertinente étant donné que la campagne de JCM pour le transport en commun repose en grande partie sur des coalitions.
Il est important de noter que bon nombre des groupes participant à la communauté de pratique sont des groupes ou des mouvements citoyens qui, comme JCM, ne disposent pas de personnel rémunéré. Dans ce contexte, les formes alternatives de soutien axées sur le développement des relations, le partage de compétences et d’outils, un soutien personnalisé et des liens stratégiques, peuvent être tout aussi importants que le financement, selon JCM. Certains des outils partagés ont servi de tremplin au processus de vision de JCM, notamment des exercices liés aux écosystèmes de changement social.

LES LIMITES DE la solidarité SANS CAPACITÉ
La fluctuation des capacités internes demeure un obstacle majeur au travail de JCM. Les campagnes ont souvent des objectifs plus précis et une participation plus stable, tandis que le mouvement dans son ensemble connaît un fort taux de roulement. Il devient donc difficile de maintenir les pratiques de soutien à l'interne, les processus de communication et les structures qui soutiennent le travail du mouvement sur le long terme.
JCM a constaté que de nombreux groupes au sein de la communauté de pratique étaient confrontés à des problèmes similaires et peinaient à décloisonner leurs activités. Cette observation, à la fois encourageante et préoccupante pour JCM, a mis en lumière un problème plus vaste : on attend souvent des groupes de base qu’ils collaborent, défendent leurs droits, gèrent des programmes, collectent des fonds et s’entraident au sein de systèmes qui ne leur allouent pas les ressources nécessaires pour le faire. Comment, dans ce contexte, créer une culture de solidarité et des communautés solidaires ?
CE QUE LES bailleurs de fonds ET LES INSTITUTIONS PEUVENT APPRENDRE
Interrogée sur les besoins des mouvements citoyens vis-à-vis des fondations, des municipalités et des grandes institutions, la réponse de JCM est de commencer par l'écoute et le développement des relations. Le financement est important, mais le soutien matériel dont les groupes ont besoin varie selon leur contexte. Certains collectifs peuvent avoir besoin de fonds et être prêts à les utiliser immédiatement. D'autres peuvent avoir besoin d'aide à la rédaction de demandes de subventions ou d'un soutien administratif, de contacts stratégiques, de capacités de recherche ou de soutien leur permettant de passer de la simple prestation de services à des actions de plaidoyer pour viser une transformation systémique.
Le contexte actuel du monde de financement représente un défi structurel pour les organisations à but non lucratif et les groupes communautaires. Les mouvements citoyens évoluent souvent dans un contexte de pénurie, se disputant des ressources limitées au lieu d'être soutenus pour collaborer. Cette pénurie contribue à la création de silos, même lorsque les groupes savent qu'ils ont besoin les uns des autres pour instaurer un changement significatif. De nombreuses organisations fournissent des services essentiels et s'entraident; par contre, sans volet plaidoyer, ces efforts peuvent rester isolés des changements systémiques nécessaires pour faire face à la dégradation des conditions sociales et climatiques.
Pour JCM, les fondations qui souhaitent soutenir un travail citoyen plus radical doivent se considérer non seulement comme des bailleurs de fonds, mais aussi comme des partenaires. Cela implique de bâtir la confiance, de faire preuve de flexibilité et de comprendre les contraintes auxquelles sont confrontés les groupes citoyens. Cela nécessite également de mobiliser stratégiquement les ressources financières, humaines et autres afin de renforcer les mouvements plutôt que de simplement financer des projets isolés.
SE PORTER VERS L'AVENIR POUR CONSTRUIRE UNE CONVERGENCE ENTRE LES MOUVEMENTS
Un thème récurrent dans les réflexions de JCM était la nécessité pour les mouvements de bâtir la confiance au-delà les différences. Le collectif décrit ce travail comme une lutte « à contre-courant » : trop souvent, les mouvements s'efforcent d'empêcher l'aggravation de la situation plutôt que de créer les conditions d'un monde meilleur. Dans ce contexte, les mouvements pour le climat ont la responsabilité de soutenir concrètement les luttes profondément liées à la justice climatique.
JCM a souligné la nécessité pour les groupes œuvrant pour le climat de s'attaquer à la suprématie blanche et au sentiment de droit acquis dans le travail climatique, ainsi qu'à la tendance à dissocier le changement climatique de la justice sociale. Si les groupes pour le climat ne se tournent vers d'autres mouvements que lorsqu'ils ont besoin de soutien, sans instaurer la confiance ni comprendre les racines communes, la convergence restera superficielle .
Une véritable collaboration exige une maturité politique : la capacité de reconnaître les préjudices, de surmonter les tensions et de garder une vision d'ensemble, même lorsque les relations sont imparfaites. Bâtir la confiance implique de reconnaître les souffrances et les conflits, passés et présents. Cela signifie reconnaître l'interconnexion des mouvements et le fait qu'aucune organisation ni campagne ne peut, à elle seule, résoudre la crise climatique.
Les réflexions du JCM rappellent un point essentiel à celles et ceux qui soutiennent les initiatives citoyennes en faveur de la justice climatique : les mouvements ont besoin de bien plus que de financements ponctuels, de réunions occasionnelles ou d’espaces d’apprentissage abstraits. Ils ont besoin de temps et de moyens pour tisser des liens, se doter d’outils concrets et de ressources flexibles, et bénéficier du soutien de partenaires désireux de comprendre les réalités structurelles dans lesquelles ils évoluent. Surtout, le JCM souhaite que les institutions comme les mouvements reconnaissent que la justice climatique est indissociable de la lutte plus large pour la libération collective et le changement systémique.
EN APPRENDRE PLUS
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Consultez le site web de Justice climatique Montréal
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Consultez les ressources de JCM en matière d'intélligence artificielle (en anglais seulement)
Un outil d'intelligence artificielle interne à l’Institut Tamarack a été utilisé pour faciliter la rédaction du texte à partir l’enregistrement de l’entrevue. La version finale a été modifiée, corrigée et approuvée par l'équipe de Tamarack et les communautés concernées.